Voyage dans le passé

C’est impossible et pourtant, j’en rêve. Remonter le temps. Direction janvier 2014. Il y avait ce garçon, au sourire ravageur, tout n’était pas parfait mais tout pouvait le devenir. Il y avait mes amis, mes si fidèles amis. Mon appartement, mes études, ma famille, mes habitudes. Tout allait bien. J’allais bien. Je n’avais pas le cœur brisé, je me sentais entouré, aimé, je n’avais pas une minute à moi. Chaque soir de la semaine rimait avec soirée, chaque jour, avec projet. On en avait des projets. On avait les yeux qui brillaient. Ah, la vie adulte, si proche et si loin en même temps. Le déménagement, la grande vie, les bons plans.

Un an après où j’en suis ? K n’est plus là, mes amis me manquent, mes études ne me conviennent plus. Mes projets se noient dans la réalité. Triste réalité. Tout n’est pas noir, il y a J, j’ai ici aussi des amis. Mais c’est différent. Il me faut une période d’acclimatation. Mais je ne tiens plus. Elle dure depuis bien trop longtemps. Je ne sais pas quoi faire pour sortir de ce cercle vicieux. J’ai l’impression d’être faux, de me mentir à moi même. Je ne sais pas où je suis bien. Je ne sais pas quand je suis bien. Plus rien n’est pareil et j’ai du mal à y faire face. Putain mais bouge toi le cul, relativise comme tu a toujours su le faire, sort, rencontre, vie, mon petit gars. Ne garde pas tes anciens schémas, crée toi en d’autres, des nouveaux, des plus beaux. Emmerde le monde et ses règles, fait ce que tu veux, quand tu veux et où tu veux.

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A la lueur du réverbère

2h00. Je pense à toi. Je pense à nous. Vue sur mon plafond, je me pose ces questions, celles qui débarquent quand l’esprit n’a plus de réponse, quand c’est le cœur qui parle. Non, je ne suis pas perdu. Oui, je sais ce que je veux. Tes bras, ta langue, ton corps, ton souffle, ton odeur, tes mots, tes sourires, ton attention, tes intentions, tes rêves, tes espoirs, ton âme. Je te veux entier, sans limite, sans peur, ni doute.

Tout n’est pas parfait, rien ne l’est. Il y a toujours l’ombre de K. Je ne sais pas pourquoi. C’est tellement invraisemblable comme situation. J’admets volontiers que c’est finit. Comment pourrais-je revenir vers lui après t’avoir rencontré ? Tu m’as montré que non, qu’il n’était pas celui que je croyais qu’il était. En même pas deux mois, tu m’as montré qu’il était possible de vivre quelque chose de simple, de beau et de surprenant. Bravo, il n’a pas su le faire après presque une année. J’aimerais tellement qu’il ne soit plus rien à mes yeux, je donnerais tout pour. Mais je pense toujours à lui. Pas comme tu t’en inquiètes, il est minable, et encore plus que ça, mais je lui en veux tellement. Ce petit merdeux m’a brisé. Il y a des jours, j’en deviendrais presque hystérique. Ces jours, ce sont ceux où je suis loin de toi.

Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. Tu n’es pas un garçon pansement. Tu n’a juste pas eu de chance. Tu es tombé sur moi, après lui. Ce n’est pas une fatalité, loin de là. Il me faut juste du temps pour me reconstruire. Sois patient. C’est fort possible que si le ton monte entre nous, je me trompe encore de prénom. Il y aura des jours plus durs que d’autres, où je serais nostalgique, en colère, désespéré. Ces jours là, j’aimerais que tu m’embrasses pour me rappeler que c’est moi qui ai de la chance de t’avoir parce que tu es mieux que lui. Mais je veux ces baiser dont tu as le secret. Ceux qui me transcendent. Ceux qui me font me sentir vivant. Ceux qui accordent mon cœur et ma tête et qui me rappellent que je ne veux que toi.