2014, c’est presque finit.

Et quelle année. Je ne regrette rien, ce n’est pas sain. Non, ce n’est pas bien. Décembre, mois des mises au point. Je vais regarder en arrière, me juger. Faire le bilan et prendre les résolutions qui s’imposent. Mais on est en novembre, encore quelques heures du moins, alors laissons place aux projets/objectifs/envies qui devront s’accorder avec 2015.

– Acheter un polaroid.
– Aller voir mes amis espagnols.
– Aller voir ce que devient le Nord et ses habitants.
– Eviter toutes relations asphyxiantes.
– Faire de Lyon, MA ville.
– Trouver une passion où je pourrais m’épanouir.
– Passer une week-end en amoureux.
– Partir en vacances avec des amis.
– Établir un projet professionnel cohérent.
– Trouver un job.
– Ecrire un livre.
– Faire un tatouage.
– Faire du sport de façon régulière et organisée.
– Arrêter de fumer.

Éternel recommencement. Ou presque.

A chaque rupture, j’y crois. Je me persuade que je dois profiter de ma jeunesse, accumuler les rencontres, faire tout ce que je dois – ce que j’aimerais – faire avant de tomber sur le bon (Parce que oui, j’y crois encore.). Je m’y force, fait un peu n’importe quoi, tente de nouvelles expériences, le regrette, quelques fois. Et puis, il y a cette personne qui change tout, avec des regards, des mots, des sourires. C’est sans cesse la même chose.

Mais cette fois ci, c’est différent. Il est différent. Des autres garçons ? Pas vraiment. A lui tout seul, c’est  un alphabet. Un bout de Y, un autre de R et même de K. Il me plait, indéniablement. Je suis quasiment sur que c’est réciproque. Aussi, nous nous ressemblons beaucoup. Beaucoup trop, c’est perturbant. Il y a les détails, comme le fait qu’il écrive un blog, lui aussi, mais c’est plus général. On aborde les choses de la même façon. On se séduit aussi de la même manière. Ce qui est encore plus perturbant. Je suis ce genre de personne qui applique sans limite le principe du « qui aime bien, châtie bien ». Il fait de même.

Déjà deux rendez-vous. Rien de probant. Pas de baisers passionnées, ni même de tentatives. C’est peut être prétentieux, mais je sais que je lui plais. Ça se voit, ça se sent. On se tourne autour, faisons des allusions. Je reconnais ce jeu, je le pratique depuis un moment déjà. J’aimerais voir ce que ca donne. Fera-t-il le premier pas ? J’en doute. Il est timide, autant que je le suis. Mais je n’en peux plus. Je ne pourrais pas attendre. Je vais me lancer, comme à chaque fois. Souhaitez moi bonne chance.

Je ne t’oublierais pas

Comment le pourrais-je ? Tu as fait parti de ma vie pendant presque une année. Tu m’as fait rire, me sentir bien. Tu m’as donné un aperçu de ce que pouvait être l’amour. Un simple aperçu car cet amour, tu n’as jamais su me le redonner. J’en suis à me demander si tu es capable d’aimer. Je pense qu’il y a des gens qui ne sont pas fait pour ca, c’est tout. On vit à une drôle d’époque, où l’on cherche constamment le meilleur, où l’on cherche la personne qui nous rendra heureux, constamment heureux. Mais ça, ça n’existe pas. Shooté aux comédies romantiques, on en oublie qu’être deux n’est pas qu’une succession de bonheur. Il y a des hauts, des bas, comme dans toute relation. Le principal est de faire avec, de savoir ce que l’on veut, de se donner, de passer au dessus de ça. En es tu capable ? En sera-tu capable un jour ? Je ne sais pas. Je ne veux pas le savoir.

Tu ne m’obsèdes plus. Je n’espère plus recevoir de tes nouvelles. Je ne le veux même plus. Ça peut paraître enfantin. Immature. Aigri. Oui, je pense à toi, oui, je ne peux pas m’empêcher de chercher à savoir ce que tu deviens. Mais ça s’estompe. En fin de compte, merde, tu fais parti de mon histoire. Je t’ai aimé, et d’une certaine façon, je t’aimerai toujours. Je parlerais surement de toi à d’autres, dans deux jours, six mois, un an, dix ans. Tu fais parti de moi. Oui, je t’aimerai toujours. Pas ce que tu es, pas ce que tu es devenu, mais ton souvenir, l’image que j’avais, pas vraiment objective, de la personne que tu étais.

J’aimerais te dire que c’est un adieu. J’aimerai te dire que c’est la dernière fois que j’écris sur toi. Mais tu le sais, la vie est une pute, elle aime jouer avec nous, et qui sait, peut être qu’un jour, nous redirons nous. Je ne le veux pas, ni ne l’espère, mais qui sait.

Je ne sais pas si j’aurais l’occasion de te le dire

Tu me manques. Énormément. Les cernes que j’ai sous les yeux en sont témoins. Je ne dors plus. Je revis les moments qu’on a passé ensemble en essayant de modifier ce qui n’allaient pas. Il y a des jours où c’est moins dur, où je suis convaincu d’être mieux sans toi. Et d’autres où la simple idée de ne plus te revoir me fait tellement mal que je suis incapable de penser à autre chose.

Mais soyons honnêtes, tu m’as manqué de respect. Au début de notre relation, avec tes sites de rencontres, tes doutes, ta fierté sans limite. Tu m’as manqué de respect en faisant semblant de m’écouter, en me mentant, en m’ignorant. Mais surtout, tu m’as manqué de respect en te réinscrivant, tout sourire, sur tes sites de rencontres trente minutes, montre en main, après notre rupture. Ennuie ou envie, j’ai trouvé ça minable. Tu m’as demandé de ne pas couper tout contact, que tu ne pouvais pas oublier ces dix derniers mois. En quelques clics, c’est toi qui les as rendu insignifiants. Connard.

Il était une fin

« Je n’aimerai personne comme je l’ai aimé. On aime jamais deux fois pareil. Mais on avance. Bien obligé. »

Plus tard, quand j’y penserais, je n’aurais plus mal. J’arriverais peut être même à en sourire. C’était le premier. C’était difficile, brouillon, mais c’était ma première vraie histoire d’amour. Malgré notre volonté, il fallait croire que nous n’étions pas fait pour être ensemble. C’est ce qui en est ressorti de cette conversation téléphonique. Personnellement, je pense que je n’étais pas prêt à vivre cette histoire, de me donner sans limite, si jeune. Nos débuts n’ont pas aidé. Son entrée dans le monde du travail, non plus. J’en reste convaincu. C’est drôle de se dire que c’était la dernière fois que j’entendais sa voix. Étrange de se convaincre que je ne le verrais plus jamais. Merde, c’était vraiment un gars bien. Je l’aimais. Enfin, soyons honnête, je l’aime toujours, ce n’est pas quelque chose qu’on stoppe quand on l’a décidé. Malheureusement.

Putain, je vais me remettre a pleurer.

Il ne m’entend pas

Je l’admets volontiers. Je parle beaucoup. Je ne supporte pas le silence. J’ai besoin de partager mes pensées, aussi idiotes qu’elles peuvent l’être. Mais j’ai aussi besoin d’un public, d’une oreille attentive.

K est revenu. Étrangement, nos retrouvailles n’ont pas été « un feux d’artifice » comme il me l’avait promit, du moins, pour moi. J’étais juste heureux, ce qui est déjà très bien. J’ai été heureux de le revoir, de plonger mes mains dans ses cheveux, de caresser ses lèvres du bout de doigts, d’entendre ses je t’aime, de faire l’amour avec lui. Et puis, il y a eu le revers de la médaille. Personne n’est parfait. Comme tout le monde, il a ses défauts et je ne sais pas si c’est le fait d’être quasiment H24 avec lui, mais je ne vois plus qu’eux. Sa fierté exacerbée, ses remarques acerbes, ses critiques faciles. Je sais faire la part des choses, clairement. Mais la, je n’en peux plus. Ça fait deux jours qu’on ne s’est pas touché. Deux jours où je tente tant bien que mal de désamorcer la situation. Rien n’y fait. Il semblerait que de son coté tout va bien. Il semblerait que ça ne l’inquiète pas outre mesure que nous dormions chacun de notre coté. Et il ne m’écoute pas.

Je ne sais pas s’il le fait exprès mais quand je lui parle, je me retrouve face à un mur. Pas un regard, pas une réponse. C’est comme si j’étais muet, comme si aucun son n’était sorti de ma bouche. Il me fait sentir insignifiant, inintéressant. Mes vieux démons.

Et ça, ça me fait peur.

Après un mois en Corse, K a enfin décidé de me rejoindre. Initialement parti pour deux semaines de vacances, il y sera, in fine, resté un mois, pour travailler. Je ne peux pas le blâmer, c’était une belle opportunité. Maintenant que c’est terminé, j’aimerai dire que ce n’était pas si difficile mais ça serait mentir. Ça a été atroce. Je lui en ai voulu. Voulu de me laisser dans cette ville que je croyais connaitre, voulu de profiter du soleil, de la plage, de ses amis, sans que la distance qui nous séparait semble le gêner. J’ai été exécrable. Incroyablement exécrable. Et puis, je me suis calmé. J’ai prit mon mal en patience. Et nous y sommes. Dimanche, je pourrais de nouveau le prendre dans mes bras. Et ça, ça me fait peur. 

Entre lui et moi, tout semble aller pour le mieux. Nous sommes ensemble depuis dix mois maintenant. J’ai rencontré, et revu plusieurs fois, sa mère. Il m’a dit qu’il m’aimait avant de partir et me le répète sans cesse depuis. J’ai pu rencontrer deux de ses amis. En résumé, il est loin le garçon qui ne voulait pas s’engager, qui n’était jamais tombé amoureux, qui m’a fait galérer durant des mois, pourrissant notre relation avec sa retenue et ses doutes. Il aura fallu deux ruptures, des mots qui font mal et des remises en question. Mais désormais, il semblerait que nous soyons sur la bonne voie. Et ça, ça me fait peur. 

Au début de notre relation, il ne voulait pas s’engager. Bien. Ok. Ce n’est pas parce que je l’avais mit une dizaine de fois dans mon lit que ça faisait de lui celui avec qui je voulais faire ma vie. Je ne lui demandais rien d’autre qu’une relation exclusive, du respect et de la sincérité. Et pour la suite, on aviserait. Avec le recul, je me rends compte que j’ai fais des erreurs, des concessions que je n’aurais pas du accepter. Très vite, il m’a demandé plus. Il a voulu me voir dans un autre cadre que ma chambre, qu’on fasse des soirées ensemble. Pas chiant, je l’ai invité à l’anniversaire d’un ami à moi la semaine suivante, introduction, qui semble-t-il c’est très bien passée. Deux jours après, je le laissais. Ça ne me convenait pas pour divers raisons. Je sentais que notre relation en resterait là. Ça m’a fait mal, parce qu’il me plaisait vraiment et je sentais, s’il avait été moins con, qu’on aurait pu vivre un truc incroyable. Trois semaines plus tard, il a souhaité me revoir. Sans rentrer dans les détails, on s’est redonné une chance. Et ça a duré quatre mois, avant la nouvelle crise. Ça faisait six mois que nous étions ensemble et pourtant, je n’avais encore pas rencontré un seul de ses amis. Il a eu des occasions de le faire, son entourage était semble-t-il au courant de mon existence mais rien n’y faisait. Ça n’avait pas vraiment d’importance, je voulais juste recevoir ne serait ce qu’un peu de ce que je lui avais donné. Il n’en semblait pas capable, j’ai donc décidé d’en arrêter la. Cette fois ci, ça a duré à peine une semaine. Encore une fois, c’est lui qui a décidé de nous redonner une troisième chance. Et depuis, je n’ai plus l’impression de mentir quand j’utilise la dénomination « mon copain » pour parler de lui. Désormais, il s’implique vraiment dans notre relation. Et ça, ça me fait peur. 

Vous devez vous demander pourquoi ai-je autant peur ? C’est un paradoxe épouvantable. Je l’aime. Je n’en ai jamais été aussi sur. En vue de ce qu’il me dit, lui aussi. Je n’ai pas de doute la dessus. Alors pourquoi ça bloque ? En apparence, j’ai eu ce que je voulais, un minimum d’engagement. Mais le problème est là. J’ai l’impression qu’il pense déjà à la couleur des volets de notre futur maison. Bon, j’exagère un peu mais l’idée est là. Il va vite, trop vite pour moi. Il est passé d’un extrême à l’autre. On a complètement inversé les rôles. Clairement, je ne suis pas prêt à l’emmener chez mes parents, à la rigueur le lui présenter, mais ça s’arrêterait la. Je n’arrive pas à me projeter plus loin que la semaine prochaine. J’ai l’impression qu’il va disparaître du jour au lendemain, alors à quoi bon. Et puis, il y aussi le fait que je suis étudiant, et ce pour un petit moment encore, alors que lui, qui vient d’être diplômé, n’aura jamais de problème de chômage et aura sans problème un salaire très très confortable dès son retour. Et je crains que ça creuse un fossé entre nous. Je ne suis ni jaloux, ni envieux. Le fait qu’il est de l’argent n’est pas du tout le problème, c’est plus qu’il ne s’en cache pas. A titre d’exemple, il m’a parlé de ce maillot de bain a 159€ pendant une demie heure la dernière fois, précisant le prix toutes les dix secondes. Son maillot de bain correspond quasiment à mon budget courses du mois. Et c’est comme ça avec tout. Sa nouvelle voiture. Sa nouvelle chemise. Sa nouvelle montre. Vous n’imaginez pas comme je crains le moment où il aura trouvé son nouvel appartement. Mais à coté de ça, je le trouve beau, intelligent, intéressant. Il est quasiment parfait. Mais surtout, je suis heureux avec lui. Et ça, ça me fait peur.