A la lueur du réverbère

2h00. Je pense à toi. Je pense à nous. Vue sur mon plafond, je me pose ces questions, celles qui débarquent quand l’esprit n’a plus de réponse, quand c’est le cœur qui parle. Non, je ne suis pas perdu. Oui, je sais ce que je veux. Tes bras, ta langue, ton corps, ton souffle, ton odeur, tes mots, tes sourires, ton attention, tes intentions, tes rêves, tes espoirs, ton âme. Je te veux entier, sans limite, sans peur, ni doute.

Tout n’est pas parfait, rien ne l’est. Il y a toujours l’ombre de K. Je ne sais pas pourquoi. C’est tellement invraisemblable comme situation. J’admets volontiers que c’est finit. Comment pourrais-je revenir vers lui après t’avoir rencontré ? Tu m’as montré que non, qu’il n’était pas celui que je croyais qu’il était. En même pas deux mois, tu m’as montré qu’il était possible de vivre quelque chose de simple, de beau et de surprenant. Bravo, il n’a pas su le faire après presque une année. J’aimerais tellement qu’il ne soit plus rien à mes yeux, je donnerais tout pour. Mais je pense toujours à lui. Pas comme tu t’en inquiètes, il est minable, et encore plus que ça, mais je lui en veux tellement. Ce petit merdeux m’a brisé. Il y a des jours, j’en deviendrais presque hystérique. Ces jours, ce sont ceux où je suis loin de toi.

Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. Tu n’es pas un garçon pansement. Tu n’a juste pas eu de chance. Tu es tombé sur moi, après lui. Ce n’est pas une fatalité, loin de là. Il me faut juste du temps pour me reconstruire. Sois patient. C’est fort possible que si le ton monte entre nous, je me trompe encore de prénom. Il y aura des jours plus durs que d’autres, où je serais nostalgique, en colère, désespéré. Ces jours là, j’aimerais que tu m’embrasses pour me rappeler que c’est moi qui ai de la chance de t’avoir parce que tu es mieux que lui. Mais je veux ces baiser dont tu as le secret. Ceux qui me transcendent. Ceux qui me font me sentir vivant. Ceux qui accordent mon cœur et ma tête et qui me rappellent que je ne veux que toi.

Ca aurait fait un an.

Ne peux tu pas simplement partir ? Laisse moi. Quitte moi. Ça va faire deux mois. Je suis passé par quasiment toutes les phases du deuil. Je suis, je pense, à l’acceptation. Viendra ensuite la reconstruction. Et pourtant.

Demain, je dormirais pour la première fois avec J. Il est bien J. Beau, intelligent, charmant. Il a tout pour me plaire. Il me fait rire, me fait me sentir désirable. Je peux, je veux, construire quelque chose avec lui. Mais ton ombre est toujours là. Demain, ça fera un an, jour pour jour, que j’ai posé les yeux sur toi. Le début d’un combat pour survivre en tant que nous.

Il y a eu des bons moments mais tellement de mauvais. J’étouffe. J’ai peur que, comme pour fêter cet anniversaire, tu réapparaisses. Par un message. Par hasard. Par nostalgie. Je suis encore fragile. Je me reconstruis seulement, tu sais. J’ai peur de douter. Et si tu arrivais à me convaincre ? Je t’aimerais toujours, d’une certaine manière. Est ce que ça veut dire que je serais à même de fléchir si tu venais sonner à ma porte ?

Même si j’avance, je n’arrive pas à t’oublier complètement. Je te suis, encore. Je sais, je le sais, que tu es mélancolique en ce moment. Pour moi ? Pour nos souvenirs ? Ça aurait fait un an. Malgré ton paraître, tu ne peux pas être aussi insensible à ça. Vas-tu oser ? Vas-tu me recontacter ? S’il te plait, ne le fait pas. Laisse moi vivre, laisse moi donner une chance à J. Je t’en supplie. Disparaît.

Éternel recommencement. Ou presque.

A chaque rupture, j’y crois. Je me persuade que je dois profiter de ma jeunesse, accumuler les rencontres, faire tout ce que je dois – ce que j’aimerais – faire avant de tomber sur le bon (Parce que oui, j’y crois encore.). Je m’y force, fait un peu n’importe quoi, tente de nouvelles expériences, le regrette, quelques fois. Et puis, il y a cette personne qui change tout, avec des regards, des mots, des sourires. C’est sans cesse la même chose.

Mais cette fois ci, c’est différent. Il est différent. Des autres garçons ? Pas vraiment. A lui tout seul, c’est  un alphabet. Un bout de Y, un autre de R et même de K. Il me plait, indéniablement. Je suis quasiment sur que c’est réciproque. Aussi, nous nous ressemblons beaucoup. Beaucoup trop, c’est perturbant. Il y a les détails, comme le fait qu’il écrive un blog, lui aussi, mais c’est plus général. On aborde les choses de la même façon. On se séduit aussi de la même manière. Ce qui est encore plus perturbant. Je suis ce genre de personne qui applique sans limite le principe du « qui aime bien, châtie bien ». Il fait de même.

Déjà deux rendez-vous. Rien de probant. Pas de baisers passionnées, ni même de tentatives. C’est peut être prétentieux, mais je sais que je lui plais. Ça se voit, ça se sent. On se tourne autour, faisons des allusions. Je reconnais ce jeu, je le pratique depuis un moment déjà. J’aimerais voir ce que ca donne. Fera-t-il le premier pas ? J’en doute. Il est timide, autant que je le suis. Mais je n’en peux plus. Je ne pourrais pas attendre. Je vais me lancer, comme à chaque fois. Souhaitez moi bonne chance.